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Thalès de Milet vécut au VIème siècle avant Jésus-Christ. Il est l’un des trois philosophes de Milet, à l’origine de la philosophie grecque, fondement de notre civilisation occidentale. Il est aussi le premier mathématicien dont l’histoire a retenu le nom et un savant universel, dont il ne reste, d’ailleurs, aucun écrit. On pense qu’il était marchand de profession, du fait de ses nombreux voyages en Crète, en Egypte ou encore en Asie. Esprit scientifique systématique, ses calculs lui permirent de prédire une éclipse du soleil, probablement celle du 8 mai 585 avant Jésus-Christ. Il transmit également aux Égyptiens la technique pour calculer la taille des pyramides. Plantant sa cane dans le sol, il attendit que son ombre atteigne la même dimension ; il suffisait, dans la foulée, de mesurer l’ombre d’une pyramide pour en connaître la hauteur.

L’anecdote qui nous intéresse aujourd’hui est rapportée par Aristote, dans le livre I de La Politique. Comme on lui reprochait, à cause de sa pauvreté, l’inutilité de son amour pour la science, il décida de prouver qu’il n’en était rien. Ayant prévu, grâce à ses connaissances astronomiques, une abondante récolte d’olives, il employa, dès l’hiver précédent, le peu d’argent dont il disposait, à verser des arrhes, pour louer, à bas prix, tous les pressoirs de la région. La saison venue, étant le seul à en disposer, il les sous-loua, à prix d’or et amassas une grande fortune, démontrant ainsi qu’il est facile, aux amoureux de la science, de s’enrichir quand ils le veulent, mais que ce n’est pas là, l’objet de leur passion.

Cette histoire devrait inspirer tous ceux qui ont pour objectif de réussir. Entrepreneurs, gardez à l’esprit que la culture et les humanités ne sont pas incompatibles avec un bon leadership, bien au contraire. La culture générale, dit-on, c’est ce que nul n’est autorisé à ne pas connaître et les humanités, qui désignaient, à l’origine, les disciplines traitant de langues et de la littérature ancienne, regroupent désormais le savoir le plus éminent, les avancées de la science, la connaissance des cultures du monde et des langues, des contextes historiques et l’ensemble des possibilités techniques et scientifiques qui permettent d’interpréter le monde. Que ce soit par les livres ou par les études, il est indispensable de travailler à devenir un maître dans sa spécialité. Il faut s’astreindre, sans relâche, à élargir ses connaissances, en se formant quotidiennement, avec la conviction que le but d’une formation n’est ni l’argent, ni une situation enviable, un titre ou un diplôme, mais la transformation de sa pensée et de son caractère, vers la maîtrise. Il faut être curieux de tout afin de ne pas borner son horizon. Devenir un maître dans sa spécialité ne veut donc pas dire ignorer tout le reste. Au contraire, il faut enrichir sa vie au quotidien, en élargissant ses connaissances. Ceux qui acceptent de consacrer une partie de leur temps, à acquérir plus de savoir, en retirent de nombreux bénéfices. Ils voient leur horizon s’élargir, font des expériences inédites, communiquent mieux, laissent moins de questions sans réponse et sont capables alors d’aller bien au-delà de leur zone de confort. Ils apprennent aussi à mieux se connaître et développent ainsi leurs talents naturels, conscients de l’étendue de ce qu’ils ignorent encore. Allez à des conférences, visionnez des vidéos édifiantes. Acceptez d’investir de votre temps et de votre argent dans votre formation, au long cours. Car, comme le professait Abraham Lincoln, “si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez donc l’ignorance”.