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Il y a deux façons d’affronter une crise ; l’une est de refuser de voir la réalité des indicateurs qui en signalent l’arrivée et, surpris, se retrouver en position de survie, mal préparé, dirigeant au réflexe et à la peur ; l’autre, au contraire, est de l’avoir anticipée et conduire la sortie de crise avec difficulté, certes, mais en confiance et dans la sérénité.

Ne parlons pas de la première hypothèse ; elle est généralement fatale. C’est pourquoi chaque entrepreneur doit être convaincu de la nécessité de maîtriser l’évolution de ses principaux indicateurs.

Quelle que soit l’entreprise ils sont au nombre de 6 : Chiffre d’affaires, prix de revient des ventes, marge brute, frais variables, frais fixes, besoin en fonds de roulement prévisionnel. Soyez intransigeants sur la remontée régulière de ces indicateurs qui vous permettront d’anticiper les difficultés à venir.

Il y a une règle intangible dans le traitement des difficultés. Plus tôt on les détecte, meilleures sont les chances d’en sortir.

L’échec n’est plus aujourd’hui infamant et c’est heureux. Il n’est donc plus nécessaire d’aller, coûte que coûte jusqu’au bout, avec l’espoir insensé de trouver la formule magique qui permettra de rebondir. Chacun peut et doit, lucidement, appréhender les menaces qui s’annoncent et prendre les mesures qui s’imposent. Elles sont au nombre de quatre :

1. Garder un mental d’acier

Le chef d’entreprise est celui qui, auprès de ses collaborateurs, incarne la responsabilité, le respect, la confiance, la stabilité, bref… le leadership. S’il se laisse submerger par la peur d’un avenir qu’il estime compromis, il sera incapable de manœuvrer. Que dirait-on d’un capitaine de navire paniqué en pleine tempête ? Il doit, au contraire, incarner la sérénité de celui qui sait où il va. Le management de crises est d’abord du management.

2. Se faire aider s’il butte sur les solutions à envisager.

Dans des situations hasardeuses, le chef d’entreprise peut être insuffisamment préparé ou n’avoir pas la compétence pour surmonter les obstacles qui s’annoncent. Etre lucide, c’est aussi savoir s’entourer des experts susceptibles de l’aider à trouver une solution. Il n’y a aucune honte à cela, bien au contraire.

3. Renforcer la cohésion de ses équipes

C’est déjà très important en eaux calmes ; cela devient déterminant lorsqu’on anticipe des difficultés. La manœuvre devient plus précise et exige une parfaite coordination entre tous les membres de l’équipe, soudée autour de son chef.

4. Prendre les décisions qui garantissent la pérennité de l’entreprise.

Ne jamais être tenté de choisir les expédients qui sauvent le court terme au détriment des mesures qui garantissent le long terme. Garder un sureffectif, par exemple, parce que le coût du licenciement est exorbitant est une mauvaise décision. Il existe aujourd’hui des moyens amiables ou judiciaires permettant d’éviter ces arbitrages douloureux.

Affronter une crise n’est certes pas une partie de plaisir mais chaque entrepreneur aura, au cours de sa vie, l’occasion d’en affronter plusieurs tant les choses changent vite de nos jours. Il vaut donc mieux s’y préparer et l’anticiper. “Si tu oublies de te préparer, tu te prépares à être oublié ” disait déjà Confucius, il y a vingt-cinq siècles.